Les
infrastructures constituent l’assise d’une société, d’une collectivité ou d’une
entreprise. Elles comprennent les actifs, les installations ou les systèmes qui
servent à fournir des biens ou des services. Au Canada, leurs propriétaires ou
exploitants sont les gouvernements fédéral et
provinciaux, les administrations municipales et le secteur privé. L’information
à leur sujet est donc conservée sous diverses formes et à divers endroits au
pays. Par conséquent, il est impossible pour un seul organisme ou ensemble
d’organismes de brosser un tableau unique, cohérent et facile à consulter des
infrastructures de l’ensemble du Canada ou même d’une seule région du pays. Le
projet dont il est question dans le présent document constitue une première
étape en vue de régler ce grave problème.
Ce
projet visait principalement à produire un modèle de données sur les
infrastructures nationales (MDIN) destiné à favoriser une connaissance
stratégique de la situation aux fins de la gestion des urgences. Par ailleurs,
il avait notamment comme objectifs secondaires la collecte de données sur les sources
d’information faisant autorité en matière d’infrastructures au Canada, ainsi
que la formulation de recommandations sur les moyens de faciliter le partage de
données sur les infrastructures parmi les divers champs de compétences. Dans le
cadre de ce projet, le processus d’analyse reposait sur la tenue d’ateliers à
Fredericton, à Whitehorse, à Edmonton, à Vancouver, à Winnipeg et à
Ottawa. Les gens qui ont participé à ces ateliers ont révisé l’ébauche du
modèle de données susmentionné, fourni des renseignements sur les sources
d’information faisant autorité dans leurs domaines respectifs de la géographie
et formulé des recommandations sur la mise en œuvre du modèle et du processus
de partage de données.
Le modèle de données qui a été produit repose sur des
travaux exécutés dans le cadre du plan de
protection des infrastructures transfrontalières, qui constitue une initiative
entreprise conjointement par les États-Unis et le Canada pendant
l’exercice 2004‑2005. Ce modèle a été modifié en fonction des exigences présentées lors d’un
atelier et de certains modèles conformes à des normes industrielles, dont
celles des industries de l’aéronautique et du transport maritime. Puisque
toutes les industries concernées n’étaient pas représentées lors des ateliers et
que le nombre de gestionnaires des mesures d’urgence présents était limité, le
modèle doit encore être validé en tenant compte du point de vue des
fournisseurs et des utilisateurs finaux de données, afin de s’assurer qu’il est
complet. On s’attend à ce que cette validation soit effectuée en consultation
avec des représentants des industries intéressées, ainsi que par le biais de
projets pilotes visant à relever des améliorations à apporter au modèle,
projets auxquels des fournisseurs de données et des gestionnaires des mesures
d’urgence participeront.
Le MDIN
comporte douze sections, soit celles correspondant aux dix secteurs
d’infrastructures essentielles (IE) de Sécurité publique Canada (SP), celle
rattachée aux éléments de modèle commun et la section « Autres », qui compte les classes d’infrastructure qui ne peuvent faire
partie d’aucun des dix secteurs d’IE de SP. Cette subdivision du MDIN n’a été
effectuée qu’à des fins de représentation et n’influe aucunement sur la manière
dont les données seront utilisées par les utilisateurs finaux. Ces derniers
pourront effectivement regrouper des données sur diverses classes
d’infrastructure, selon leurs besoins.
Des
renseignements sur les sources de données faisant autorité en matière
d’infrastructures ont été recueillis lors des ateliers. Cependant, la plupart
des sources mentionnées n’ont pas été signalées par des représentants officiels
mais par des personnes qui en ont entendu parler ou qui en connaissent
l’existence.
La
mise en œuvre d’un modèle réparti complet de données sur les infrastructures
nationales et d’une approche de partage de données nécessitera l’établissement
d’un cadre de travail qui comportera les lignes directrices techniques et de
gestion que les intervenants devront suivre. Voici les recommandations touchant
la mise en œuvre du modèle de données et de l’approche de partage de données au
Canada :
1. Fonder une communauté d’experts en matière de
données sur les infrastructures nationales, dont les membres proviennent de
divers paliers de gouvernement et du secteur privé;
2. Nommer
un champion chargé d’assurer l’exécution du mandat de la communauté d’experts
et la viabilité de cette dernière;
3. Travailler
étroitement avec les responsables de l’initiative GéoConnexions
en vue de concevoir un système national d’information pour la connaissance de
la situation et d’ainsi appuyer les efforts des intervenants ayant des intérêts
communs et maximiser les communications entre ceux-ci;
4. Concevoir
un portail pour favoriser la collaboration et le partage de l’information dans
la communauté d’experts en matière de données sur les infrastructures
nationales;
5. Exploiter
un banc d’essai du partage de données sur les infrastructures, afin de
permettre l’essai du modèle de données à peu de frais;
6. Lancer
des projets pilotes de validation de la modélisation de données en
collaboration avec des fournisseurs et des utilisateurs finaux de données;
7. Confirmer
la validité des sources de données devant faire autorité en ce qui a trait aux
diverses classes d’infrastructure et mettre sur
pied un registre de ces sources;
8. Publier
des données conformes au MDIN au sujet des infrastructures au moyen de services
Web;
9. Traduire
la modélisation de données vers le français, en assurant la mise en correspondance
complète de la nomenclature à l’échelle des classes et
des attributs d’infrastructure;
10. Évaluer
les défis et les occasions en matière de modélisation de données et d’accès aux
données avec chacun des secteurs industriels concernés;
11. Établir des ententes de partage
de données et élargir la portée de celles déjà conclues conformément à la Loi sur la gestion des urgences;
12 Choisir
des symboles cartographiques normalisés de gestion des urgences, d’après les classes et les attributs
d’infrastructure du MDIN;
13. Élaborer
une norme de classification de sécurité, afin que chaque enregistrement de
données sur les infrastructures soit rattaché à une classe de sécurité et de
sensibilité normalisée et puisse être partagé par le biais d’un système sûr qui
reconnaît la classe attribuée;
14. Mettre
en place des nœuds de diffusion de données sur les infrastructures d’échelles
régionale, provinciale, territoriale et nationale, afin d’assurer l’intégration
et l’actualisation de données de diverses sources, au moyen de méthodes de
gestion de données appropriées;
15.
Renseigner sur l’utilisation du MDIN et promouvoir celle-ci;
16. Élaborer un plan et un processus
nationaux d’évaluation du caractère essentiel des infrastructures.
La
gestion des urgences dépend manifestement du partage des données sur les
infrastructures, lequel représente toutefois un défi, compte tenu de la
complexité et de la diversité des infrastructures, ainsi que du grand nombre de
propriétaires d’infrastructures qui ont des préoccupations sur le plan du
commerce et de la sécurité. Le projet dont il est question dans le présent
document a permis de réunir de nombreux intervenants, afin que ces derniers
présentent les défis auxquels ils font face et les moyens qu’ils envisagent
pour diffuser des données sur les infrastructures et avoir accès à de telles
données, et pour qu’ils indiquent quelles données devraient être intégrées au
modèle initial, dans le but d’appuyer une connaissance stratégique de la
situation. Beaucoup reste à faire pour relever les défis posés par le partage
des données et mettre en lumière les avantages d’une approche faisant appel à
un modèle commun et au partage de données. Nombre des recommandations
susmentionnées pourront néanmoins être mises en application dans l’avenir
rapproché et donner des résultats à court terme, afin d’assurer une évolution
continue et graduelle du système national de données sur les
infrastructures.