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Le Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire utilise les SIG pour lutter contre la pollution et l'érosion des côtes

Le fumier utilisé comme fertilisant sur les terres agricoles peut représenter une source de pollution pour les rivières et les ruisseaux en raison de la présence de coliformes fécaux. Les personnes qui boivent l'eau ainsi contaminée risquent de contracter des maladies telles que la fièvre typhoïde, l'hépatite A, une gastro-entérite, une inflammation de l'estomac ou des intestins qui peuvent engendrer des crampes abdominales, des nausées, des vomissements et de la diarrhée.

Aussi, le ministère de l'Environnement du Québec envisage-t-il l'imposition de mesures plus strictes quant à l'utilisation d'engrais de source animale. Afin de se préparer à ces changements éventuels, le Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire et la municipalité régionale de Rimouski-Neigette, au Québec, ont décidé de cartographier dix bassins versants qui se trouvent entièrement ou partiellement sur le territoire de la municipalité régionale. Le but de cette démarche consiste à sélectionner environ 200 fermes d'élevage de la région et de déterminer les zones où l'on peut étendre du fumier sans risque pour les ruisseaux et rivières environnants. Les deux organisations souhaitent également établir la liste des ruisseaux et rivières qui ont été pollués jusqu'ici, comme première étape en vue de leur réhabilitation.

Un coup de main nécessaire

« Nous avions le personnel pour procéder à ces analyses, de dire Michel Lajoie, coordonnateur du Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire, mais nous ne disposions pas des ressources nécessaires pour l'achat d'équipement SIG ou la formation de notre personnel pour utiliser ce matériel. Nous avons donc demandé à GéoConnexions de nous aider. »

Grâce à l'aide financière du Programme des collectivités durables (PCD) de GéoConnexions, le Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire a fait l'acquisition d'une imprimante cartographique, d'un système GPS (système mondial de positionnement), de données topographiques, d'un ordinateur et d'un logiciel SIG (système d'information géographique). L'aide financière du PCD a également permis au Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire de former son personnel à l'utilisation du logiciel SIG.

Les participants aux projets ont utilisé des outils SIG pour intégrer les données topographiques aux données collectées par le Conseil de bassin de la rivière Rimouski, une organisation vouée à la protection des bassins versants qui alimentent la rivière Rimouski, afin d'examiner 70 ruisseaux et rivières dans 10 bassins versants. « Les cartes que nous avons créées nous ont permis de repérer deux ruisseaux très pollués et d'attirer l'attention sur deux bassins versants vulnérables », dit M. Lajoie. « Cette analyse a donc permis à la municipalité de déterminer à quel endroit elle devait concentrer ses ressources. »

Faire fructifier l'investissement dans les SIG

Le Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire est un des quatorze comités ZIP gérés par Stratégies Saint-Laurent. Créés en 1989 par Environnement Canada et le ministère de l'Environnement du Québec, les comités ZIP ont le mandat de gérer et réhabiliter le fleuve Saint-Laurent, du lac Saint-François à Blanc-Sablon, y compris les îles de la Madeleines et la baie des Chaleurs. (ZIP : zones d'intervention prioritaire.)

M. Lajoie est reconnaissant à GéoConnexions pour l'aide apportée à son organisation dans la réalisation de son mandat environnemental. « Nous serions probablement deux ans en retard sans l'aide de GéoConnexions, » dit-il. « L'équipement SIG et la formation nous a permis de mettre en branle plusieurs projets. »

L'un de ces projets a consisté à placer des marqueurs à divers endroits le long de la côte de l'estuaire et d'y effectuer des lectures annuelles de l'érosion de la côte. En intégrant les données relatives à ces observations dans les systèmes SIG, le Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire pourra déterminer à quels endroits et à quelle vitesse l'érosion s'attaque aux côtes. « Nous saurons ainsi quelles routes et quelles maisons seront affectées par cette érosion dans cinq, dix, voire vingt ans, » explique M. Lajoie. « Nous pouvons donc établir un plan de gestion de l'érosion des côtes afin d'en réduire les impacts. »

Protéger le phoque commun

Le Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire a offert ces toutes nouvelles ressources en SIG ainsi que son expertise à d'autres groupes environnementaux dont le Réseau d'observation de mammifères marins (ROMM).

Le ROMM, une organisation à but non lucratif qui travaille étroitement avec le Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire, ainsi que d'autres partenaires sont préoccupés par la survie du phoque commun qui vit le long des côtes, des îles et des îlots de l'estuaire du Saint-Laurent, car il constitue l'une des espèces de mammifères marins les plus contaminées. Le ROMM veut comprendre comment cette petite population de phoque commun vit dans son habitat et souhaite utiliser ces connaissances pour mettre au point des stratégies de conservation.

Avec l'aide du Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire, des employés du ROMM ont appris à utiliser le logiciel SIG afin de créer des cartes—une partie vitale du projet. « Les cartes nous fournissent une vision globale des problèmes associés à la population de phoque commun dans l'estuaire, » affirme Karine Savard, une biologiste du ROMM. « Nous ne pourrions réaliser ce projet sans cette collaboration avec le Comité ZIP. »

À long terme, M. Lajoie dit comprendre que l'imagination est aussi importante que l'expertise technique quand il s'agit d'utiliser les SIG pour résoudre les défis écologiques qui se posent dans l'estuaire du Saint-Laurent. « On n'a qu'à se demander : "Que peut bien faire ce système pour moi ?" et tout ce qui reste à faire est de trouver une façon de réaliser ce qu'on veut » dit-il. « C'est à ce point performant! »

GéoConnexions est une initiative partenariale pancanadienne conduite par Ressources naturelles Canada pour établir l'Infrastructure canadienne de données géospatiales (ICDG) et ouvrir l'accès direct aux bases de données, outils et services géographiques.