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Les communautés innuites sont maintenant en terrain stable grâce à l'application de planification de l'utilisation des terres
Lorsque la communauté innuite de Kujjuaq a cherché à étendre son site d’enfouissement des déchets, les planificateurs de l’utilisation des terres ont produit une carte en ligne à plusieurs couches afin d’évaluer quelle incidence cet agrandissement aurait sur les cours d’eau et les lacs des environs. La perspective acquise au moyen de cette carte en ligne a permis à la communauté de planifier l’agrandissement de manière à minimiser son incidence sur le bassin versant de la région.
Ce n’est qu’un exemple de la manière dont Kujjuaq et 13 autres communautés du Nunavik utilisent des cartes Web pour mieux gérer leurs terres et leurs ressources, en partie grâce à l’Infrastructure canadienne de données géospatiales (ICDG) et au financement de 200 000 $ offerts par GéoConnexions. Le Nunavik compte un peu plus de 10 000 habitants, dont 90 pour cent d’Innuits, répartis sur 500 000 kilomètres carrés au Québec septentrional. Puisque le réseau routier y est inexistant, ces communautés isolées ne sont accessibles à l’année que par la voie des airs et en saison par bateau et par motoneige.
Remplir un mandat en planification de l’utilisation des terres
Bien que chacune des 14 communautés fonctionne comme une municipalité, aucune ne dispose des capacités nécessaires pour la planification et la gestion de l’utilisation des terres. À cet égard et dans plusieurs autres domaines, elles reçoivent un appui de l’Administration régionale Kativik basée à Kujjuaq.
Avant l’élaboration de cette application de cartographie Web, deux choix s’offraient à l’Administration régionale Kativik en matière de préparation de plans communautaires d’utilisation des terres; comme l’indique Caroline Larrivée, planificatrice de l’utilisation des terres pour l’Administration régionale Kativik, «l’acheminement des documents par le courrier était lente et il était coûteux et chronophage de se rendre dans les communautés par avion. Nous souhaitions trouver une manière d’utiliser des outils électroniques qui simplifieraient le processus de planification».
L’Administration régionale Kativik a constaté qu’il était essentiel que les décideurs disposent de meilleures connaissances concernant leur territoire, ses occupants, ses utilisations, ses contraintes, ses zones dangereuses, ses ressources naturelles et ses aires protégées et qu’ils disposent en outre des bons outils pour prendre des décisions éclairées quant à l’utilisation des terres et des ressources. Cet objectif est devenu beaucoup plus réalisable après que toutes les communautés aient été reliées à l’Internet par un système satellite à large bande. Néanmoins, cet avancement ne faisait que partie de la solution.
Intégration de données de diverses provenances
L’Administration régionale Kativik devait de plus intégrer ses données à des jeux de données créés par un grand nombre d’autres organisations s’occupant de gestion des terres et des ressources dans les communautés : les villages, les sociétés foncières, le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial et la Société Makivik (un organisme à but non lucratif appartenant aux Inuits du Nunavik). Puisque ces organisations utilisaient différents logiciels pour recueillir, stocker et analyser leurs données géospatiales, l’intégration de ces données était extrêmement difficile. Il était ainsi impossible pour l’Administration régionale Kativik de produire des cartes communautaires détaillées et informatives.
Par exemple, le ministère de la Sécurité publique du Québec recueille l’information sur les zones dangereuses, comme celles sujettes aux avalanches ou aux inondations, alors que Ressources naturelles Canada recueille l’information de levés relative au développement dans les villages du Nord. Ces deux jeux de données n’étaient cependant pas uniformes. De dire Mme Larrivée «nous pouvions examiner les données individuellement, mais il était impossible de générer une vue intégrée de l’information géographique pour la région».
De plus, les jeux de données étaient souvent dédoublés, ce qui les rendaient rapidement désuets. L’utilisation de données incompatibles et manquant de fiabilité nuisait à l’aptitude de l’Administration régionale Kativik à aider les communautés à gérer leurs terres.
Offrir une solution Internet facile à utiliser pour la gestion des terres
Afin de répondre à ces préoccupations, une firme de consultants a recommandé que chaque communauté dispose de ses propres logiciels et outils géospatiaux. L’Administration régionale Kativik a cependant perçu les limites d’une telle proposition. Selon Mme Larrivée, «les communautés ne disposent ni des ressources ni de l’expertise nécessaire pour exploiter de tels outils. Nous souhaitions fournir aux gens un accès facile à l’information et c’est ainsi que nous avons envisagé l’Internet comme moyen d’en arriver à nos fins».
L’ICDG, et ses normes en matière de données et de services, était toute indiquée. En encourageant les fournisseurs de données à adopter ces normes et grâce au financement offert par GéoConnexions, l’Administration régionale Kativik a élaboré le Géoportail communautaire Kativik, une application Web interactive intégrant les sources de données géographiques sur le nord du Québec.
Avec ce système, les fournisseurs de données gèrent leurs propres données et les mettent à la disposition des autres par Internet sous une forme normalisée. Le Géoportail communautaire Kativik exploite le Service de cartographie Web et le Service d’entités Web approuvés par GéoConnexions pour amalgamer de l’information topographique, des orthophotographies, des modèles altimétriques numériques et d’autres couches de données sur des cartes cohérentes et faciles à personnaliser. Ces cartes permettent aux employés municipaux et aux membres des conseils municipaux de travailler plus efficacement de concert à l’élaboration des plans d’utilisation des terres.
Comme l’indique Mme Larrivée «l’infrastructure nous a aidés à solutionner notre problème d’incompatibilité des données et l’appui fourni par GéoConnexions a abouti beaucoup plus rapidement aux résultats attendus que cela aurait été possible par ailleurs».
Partenaires : Ministère des Pêches et Océans; Holonics Data Management; Société Makivik; Ressources naturelles Canada - GéoConnexions; Ministère des Ressources naturelles du Québec; Association des Sociétés foncières du Nunavik; Ministère de la Sécurité publique du Québec
| GéoConnexions est un programme de partenariat national pour mettre au point et agrandir Infrastructure canadienne de données géospatiales. |